CAN 2025: "ON EST VRAIMENT TRÈS LOIN DE CES TENSIONS", LOIN DES RÉSEAUX SOCIAUX LE MAROC ET L'ALGÉRIE SONT "UNIS"
La rivalité entre le Maroc et l’Algérie n’a rien de nouveau. Elle s’alimente depuis des années sur les réseaux sociaux, où chaque rencontre, chaque débat, chaque actualité devient prétexte à l’affrontement verbal. Mais à la CAN 2025, organisée au Maroc, la réalité observée dans les rues tranche radicalement avec l’image projetée sur internet et les réseaux sociaux.
Invité de l’After ce 25 décembre, Rémy Buisine témoigne d’une réalité de terrain faite de fraternité, de respect et de moments partagés, bien loin des tensions. Le journaliste de Brut a été frappé par le décalage et décrit une atmosphère à l’opposé des tensions numériques: "On est clairement dans une ambiance qui est très bienveillante. Il faut saluer l'accueil des Marocains qui est assez extraordinaire et envers tout le monde". Une CAN vécue comme une fête populaire, où les drapeaux se mélangent, où les discussions se croisent sans animosité.
Buisine insiste sur ce contraste saisissant entre le virtuel et le réel: "On est très loin des réseaux sociaux où on voit des gens qui s'écharpent d'un pays à un autre. Quand on regarde Twitter (X), on pourrait croire que c'est la guerre entre l'Algérie et le Maroc. Quand vous voyez dans la rue, ce n'est pas du tout ça. Tout le monde est frère, tout le monde est content de vivre ce moment." Dans les rues de Rabat, la CAN agit comme un révélateur, celui d’une proximité culturelle et humaine que le football remet au centre du jeu.
Le constat est limpide pour Rémy Buisine, presque déroutant tant l’écart est grand avec ce que renvoient les réseaux sociaux. "Quand tu allumes X, tu as l'impression que c'est une guerre mondiale entre le Maroc et l'Algérie et quand t'es dans les rues de Rabat, tu as de la fraternité. Ils sont ensemble, ils sont unis. On est vraiment très loin de ces tensions", poursuit-il. Une unité visible dans les stades, les fan zones, les cafés, où supporters marocains, algériens et africains partagent chants, discussions et émotions.
La CAN 2025 dépasse ainsi le simple cadre sportif. Elle devient un carrefour culturel africain, comme le souligne encore le journaliste: "Ce qui est assez passionnant ici, c'est de voir les quatre coins du continent africain où il y a des cultures musicales qui se retrouvent ici et qui partagent ces moments-là et qui sont contents de découvrir les différences de l'un et l'autre." Une Coupe d’Afrique qui rassemble autant qu’elle oppose, fidèle à l’essence populaire du football.
Sur le terrain, le Maroc avance avec la même sérénité que celle ressentie en tribunes. Victorieux des Comores (2-0) dimanche dernier lors du match d’ouverture, les Lions de l’Atlas peuvent déjà valider leur billet pour les huitièmes de finale. Un succès ce vendredi soir face au Mali suffirait à qualifier les hommes de Walid Regragui pour le prochain tour. Pendant que X s’agite, le football, lui, continue d’unir.