thumb

CAN 2025: "LE TROPHÉE OU LA DÉSILLUSION", LE MAROC NE VISE RIEN D'AUTRE QU'UN SACRE À DOMICILE

Le Maroc s’avance comme le grand favori de l’édition 2025 de la Coupe d’Afrique des nations (21 décembre-18 janvier). Soutenus par tout un peuple, les Lions de l’Atlas de Walid Regragui veulent décrocher un deuxième trophée, cinquante ans après le sacre de 1976. Mais ils vont devoir gérer une immense pression populaire, sachant que de gros moyens ont été déployés pour les voir triompher.

La gloire éternelle ou la déprime nationale. Le plan de route est clair pour le Maroc à l’heure d’aborder la Coupe d’Afrique des nations 2025, qui va se dérouler sur son sol du 21 décembre au 18 janvier. Seuls deux chemins se dessinent sur la carte: l’un menant au trophée, l’autre à la débâcle. Quelles qu’en soient les raisons, si les Lions de l’Atlas ne triomphent pas à domicile cet hiver, leur échec prendra des allures de catastrophe industrielle. Et aucune excuse ne pourra atténuer le désarroi.

Cinquante ans après son seul titre décroché lors de la CAN 1976, le royaume chérifien compte sur les joueurs de Walid Regragui pour retrouver le sommet du continent. L’enjeu est immense pour un pays qui a massivement investi dans le développement de son football ces dernières années, sous l’impulsion du roi Mohammed VI.

"Le Maroc attend un deuxième trophée depuis un demi-siècle", confirme Saïd El Abadi, auteur du livre L’histoire du football africain (paru le 13 novembre aux éditions Face Cachées).

Lire aussi : CAN 2025 : Une Poignée De Favoris Et Une Horde D’outsiders Revanchards

"Plusieurs générations de Marocains n’ont jamais vu leur équipe remporter un titre. Cette CAN 2025, c’est l’événement majeur. La finale du 18 janvier est cochée dans tous les calendriers. Les gens ne pensent qu’au sacre. Une élimination, même en demi-finale, ce serait une désillusion. A domicile, avec tous les moyens mis en place, les infrastructures, cette génération dorée, l’engouement du peuple, on a l’impression que cette CAN est faite pour que le Maroc l’emporte. Maintenant, il faut le confirmer sur le terrain."

"Le sujet qui rassemble tous les Marocains"

De Rabat à Casa, en passant par Tanger, Marrakech, Fès ou Agadir, tout le monde retient son souffle à l’approche du grand événement. "C’est le sujet qui rassemble tous les Marocains, dans le bon comme dans le mauvais. Tout le monde en parle", témoigne le journaliste Amine El Amri, qui travaille à Casablanca. "La pression est grande sur l’équipe nationale. Les Marocains veulent vraiment décrocher ce trophée. Certains disent même: ‘On remporte cette CAN et peu importe si on attend encore cinquante ans derrière!’"

L’engouement s’annonce énorme aux quatre coins du royaume. Lorsque les coéquipiers de Yassine Bounou entreront sur le terrain, le temps va se figer et tout le monde aura les yeux rivés sur un écran, dans le salon familial, sur un smartphone ou dans un café. Sans parler de l’ambiance volcanique du stade Prince Moulay Abdallah, une enceinte flambant neuve de près de 70.000 places bâtie au cœur de la capitale, où les protégés de Walid Regragui disputeront leurs matchs du groupe A. Avec un enjeu majeur: se sublimer dans la ferveur populaire, sans se laisser déstabiliser par l’enjeu.

Supporter la pression populaire

"La pression, c’est le plus gros danger pour l’équipe du Maroc", reconnaît Saïd El Abadi. "Avec les attentes énormes et tout ce qui a été mis en œuvre pour la victoire, il ne faut pas que les joueurs commencent à trop cogiter. Ils doivent, au contraire, se servir de cette pression pour être encore meilleurs sur le terrain."

Nasser Larguet, l’une des figures centrales de la renaissance du football marocain, appelle les supporters à offrir un soutien indéfectible à la sélection. "Ce qui est important, c'est que le public et l'environnement soient dans le positif", lance le technicien de 67 ans, aujourd’hui directeur technique de l’Arabie saoudite. "Tout cet écosystème qui est extrêmement exigeant ne doit pas avoir une influence négative sur l'équipe en la critiquant ou en lui mettant une pression inutile. Les joueurs sont capables de se mettre une pression positive pour faire monter l'adrénaline et aller chercher un trophée, mais il faut vraiment que le public marocain joue son rôle comme à la Coupe du monde 2022 ou aux JO 2024. C'est la seule petite crainte que j'ai."

Le Maroc habitué à voir ses sélections briller

"Au Maroc, il y a quarante millions de sélectionneurs", appuie Anas Bakhkhar, journaliste pour Medi 1 TV. "C’est un vrai pays de football. Les gens sont passionnés. La pression populaire est très forte mais les joueurs ont l’habitude des matchs sous haute pression. Ils évoluent dans des grands clubs, avec de grosses ambitions. Ils doivent savoir gérer cet aspect-là, même si c’est plus compliqué quand il y a tout un pays derrière."

Un pays désormais habitué à voir ses sélections nationales en haut de l’affiche. "L’été dernier, il y a eu la CAN féminine et quand les Marocaines jouaient, tout le monde regardait. Les cafés diffusaient le match, les gens étaient devant leurs écrans", rappelle Saïd El Abadi. "Pareil lors de la Coupe du monde U20. Les Marocains se sont levés la nuit pour voir la finale contre l’Argentine (victoire 2-0, le 20 octobre dernier au Chili, NDLR). Et il suffit de voir l’accueil que les joueurs ont reçu à leur retour..."

Une série historique et quelques doutes

A l’aube de cette CAN 2025 tant attendue, le Maroc reste sur une série impressionnante de dix-huit victoires consécutives. Un record historique, toutes nations et toutes époques confondues. Les partenaires de Sofyan Amrabat n’ont plus encaissé le moindre but depuis neuf matchs. De quoi leur offrir une bonne dose de confiance, même si le calibre de leurs adversaires et le contenu de certaines rencontres ont fait naître quelques doutes. "En termes de résultats, le Maroc n’a jamais été aussi fort. Le petit regret, c’est de ne pas avoir affronté de grosses sélections ces derniers mois", souffle Anas Bakhkhar, qui réside à Tanger. "Les oppositions ont peut-être manqué un peu d’adversité. Ça aurait pu être intéressant de se frotter à quelques cadors du football africain."

Un constat un peu nuancé par Saïd El Abadi: "Ils n’ont pas eu de gros cadors à affronter, mais le fait d’avoir réussi à battre des équipes compliquées, avec des blocs souvent bas, ça leur a donné de la confiance. Dans une compétition, on veut voir du beau jeu, mais si l’équipe arrive à gagner avec des 1-0, tout le monde sera content à la fin. Les critiques sur le jeu, c’est surtout au niveau de la finition. Il y a parfois beaucoup d’occasions pour peu de buts au final. Avec un style qui ne change pas vraiment, des débordements et des centres, même si ça ne marche pas. Au bout d’un moment, on peut tenter autre chose, passer par l’axe, essayer des frappes plus lointaines. Le défaut de cette équipe-là, c’est qu’elle ne va pas chercher à se modifier offensivement."

Un réservoir de talents impressionnant

Malgré tout, le Maroc reste une sélection attrayante avec un large réservoir de talents. En attendant de savoir si Achraf Hakimi (PSG) et Nayef Aguerd (OM) seront rétablis à temps, Walid Regragui peut s’appuyer sur plusieurs tauliers comme le gardien Yassine Bounou (Al-Hilal), la sentinelle Sofyan Amrabat (Betis Séville), le créatif Azzedine Ounahi (Gérone), le latéral Noussair Mazraoui (Manchester United) ou le défenseur Romain Saïss (Al-Sadd), récemment rappelé en sélection. Sans oublier Brahim Diaz, l’ailier du Real Madrid. Plusieurs jeunes ont également un rôle important, comme Ismael Saibari (24 ans), l’ailier du PSV Eindhoven, Neil El Aynaoui (24 ans), le milieu relayeur de l’AS Rome, Bilal El Khannous (21 ans), celui de Stuttgart, ou Eliesse Ben Seghir (20 ans), l’ailier de Leverkusen.

En attaque, les Lions de l’Atlas espérent pouvoir compter sur Hamza Igamane (23 ans), le buteur du Losc, qui a tout pour exploser durant cette CAN si ses ischios lui permettent d'y participer. Placé sur la liste des réservistes en attendant d'en savoir plus sur le timing de sa convalescence, l'attaquant lillois fait retenir son souffle à tout le royaume, d'autant que Youssef En-Nesyri traverse une période moins reluisante à Fenerbahçe et qu’Ayoub El Kaabi, l’avant-centre de l’Olympiacos, ne s’est jamais imposé en équipe nationale.

Effacer l’échec de la CAN 2024

D’autres visages pourraient aussi se révéler au fil de la compétition. "Ilias Akhomach, l’ailier de Villarreal (21 ans), peut être la belle surprise du Maroc", estime Saïd El Abadi. "Je pense qu’il ne va pas beaucoup jouer en phase de poules, mais je le vois bien entrer en jeu et devenir ensuite titulaire, comme Franck Ribéry avec la France au Mondial 2006. Il faisait partie de l’équipe olympique l’an passé à Paris. Il a une capacité à éliminer ses adversaires, à centrer et à marquer. Il a des qualités impressionnantes. Anass Salah-Eddine, le latéral du PSV Eindhoven (23 ans), devrait aussi pouvoir se montrer durant cette CAN."

Après avoir créé la surprise en atteignant les demi-finales de la Coupe du monde 2022, en éliminant l’Espagne (0-0, 3 tab à 0) et le Portugal (1-0) avant de tomber face à la France (2-0), le Maroc s’est fait sortir par l’Afrique du Sud dès les 8es de finale de la CAN 2024 en Côte d’Ivoire (2-0). A la surprise générale. "La défaite contre l’Afrique du Sud nous a bien refroidis", glisse Amine El Amri. "Ça a un peu mis le doute, en ébranlant cette confiance totale que les Marocains avaient en l’équipe nationale après la Coupe du monde."

Regragui attendu au tournant

Après avoir clamé ses ambitions haut et fort, quitte à être jugé un peu "arrogant" lors de certaines prises de parole, Walid Regragui est désormais attendu au tournant par la presse marocaine. Même s’il conserve un crédit élevé dans le pays, le coach originaire de l’Essonne doit prouver qu’il a l’étoffe pour mener les Lions de l’Atlas vers un sacre. A quatre ans et demi de l’organisation d’une partie de la Coupe du monde 2030 (avec l’Espagne et le Portugal), le Maroc veut aujourd'hui régner sur l’Afrique. Afin de pouvoir viser plus haut ensuite.

 
 

Il faudra déjà bien négocier la phase de poules de la CAN 2025, en évitant de se faire surprendre d’entrée. Placés dans le groupe A, les Marocains débuteront par le match d’ouverture face aux Comores (le 21 décembre à 20h), avant d’affronter le Mali (le 26 décembre) puis la Zambie (le 29 décembre). "Le Maroc a une cible dans le dos. Tout le monde veut le battre", rappelle Saïd El Abadi. "Les autres équipes vont arriver avec le couteau entre les dents et l’envie de se montrer. Il ne faudra pas laisser la moindre opportunité aux adversaires." Des adversaires qui rêvent tous de gâcher la fête, à l’image du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire, les autres grands favoris du tournoi.

Découvrir davantage...

Mots Clés

CAN2025 | Maroc | LionsDeLAtlas | FootballAfricain | WalidRegragui | Soccer | Championnat | Sport


| | Numéro Spécial Décisions Marketing 2026 | | Stagiaire Ingénieur en Data Ingénierie | | Appel à contributions – Numéro spécial RAM : Reimagining the Digital: Netnography, Art, and Alternative Representations | | Bourses d'Études Supérieures au Qatar 2026 | | Conférence sur les Perspectives Critiques en Comptabilité | | Stage PFE / Master | | Stagiaire PFE (Projet de Fin d'Études) | | Opérateurs/Opératrices de Saisie de Données Informatiques | | Appel à Communication - XXIIème journée H&G | | Appel à Contributions - Numéro Inaugural | | Stages de Projet de Fin d'Études (PFE) 2026 | | CAN 2025: "ON EST VRAIMENT TRÈS LOIN DE CES TENSIONS", LOIN DES RÉSEAUX SOCIAUX LE MAROC ET L'ALGÉRIE SONT "UNIS" | | CAN 2025: C'EST QUOI LE SYSTÈME SUBAIR, CETTE TECHNOLOGIE QUI SAUVE LA PELOUSE DE RABAT FACE AUX PLUIES DILUVIENNES ? | | Appel à candidatures pour le programme de bourses France Excellence Eiffel 2026 | | Opportunité de doctorat : Techniques avancées en apprentissage automatique pour les systèmes autonomes | | Appel à candidatures : bourse master double diplomation 2025 | | Offre de Contrat Doctoral - Projet ANR ECOS