Les cités universitaires, parent pauvre de la réforme de l’enseignement supérieur
Lancée il y a tout juste un an sous la présidence du chef du groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Rachid Hamouni, la «Mission exploratoire temporaire sur les critères et les conditions de résidence dans les cités universitaires» vient de boucler ses travaux. Elle a procédé durant 12 mois à une série de visites ayant concerné 9 cités universitaires de terrain dans différentes villes du Royaume.
Son rapport final, qui sera présenté et discuté pour la deuxième fois devant la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, dresse un constat sévère de l'état général des résidences universitaires au Maroc. Après un premier examen le 16 janvier, une réunion de la Commission est prévue, mardi 30 janvier 2024, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, pour la poursuite de la discussion du rapport de la Mission exploratoire temporaire sur les critères et les conditions de résidence dans les cités universitaires.
Les cités universitaires : des infrastructures vétustes qui manquent d'équipements
De plus, les équipements collectifs sont largement insuffisants au regard des effectifs des résidents. Le rapport relève ainsi un déficit flagrant en salles de travail, terrains de sport, espaces de détente et de loisirs. L'accès à internet reste également très problématique dans de nombreux établissements. «Il est urgent de refondre entièrement l'offre de services au sein des cités pour la rendre adaptée aux modes de vie des étudiants contemporains», préconise la mission parlementaire.
Promiscuité excessive des étudiants et tensions fréquentes liées à la surpopulation
Des résidences universitaires peu sûres et mal entretenues
Autre point noir selon le même rapport : la recrudescence de l'insécurité au sein des cités universitaires. Le document évoque des dispositifs de surveillance et de contrôle d'accès «quasi inexistants» dans certains établissements. Les députés déplorent ainsi la multiplication des intrusions, des vols, voire des agressions au sein de ces résidences. Des pratiques tels que le bizutage et le racket y sévissent également faute d'encadrement. «L'impunité actuelle ne peut qu'encourager la poursuite de ces dérives», s'inquiète le rapport parlementaire.